Bon, c’est pas moi je vous jure, là c’est lui qui m’a provoqué. Je sais que je voulais faire des textes plus constructif, mais là c’était un cas de force majeure. On va croire que je veux forcément taper sur lui, mais là il a tendu le baton. Je sais que faire de la philosophie, c’est aussi faire de la spéculation, chercher des idées, mais la réalité elle existe quand même, quand on se base sur des préjugés, c’est tout nul.

L’article que je met en cause est mentionné ici, celui ou il nous dit en gros que la montée du djihadisme est à cause du fait que les jeunes ils n’ont plus de grands modèles, mais à la place des modèles actuels qu’il considère comme plus déshonorant, nous avons notamment Zidane, le célèbre joueur de foot, qu’on a reconnu par la petit blagounette est le suivant. Bref, le vieux classique du « les jeunes des milieux populaire, ils feraient bien de se baser sur des modèles des classes hautes de la société, plutot ».

Je n’irais surtout pas défendre Cyril Hanouna (EDIT au moment de l’import de l’article (18/11/2016) : Surtout vu ce qu’il a fait dernièrement…) : Oui, ce type est un connard de la pire espèce, et l’a prouvé à plusieurs reprise. Et je suis d’accord qu’il y a largement mieux comme modèle… Déjà parce qu’il représente surtout des médias prêt à tous pour l’audimat, prêt à sacrifier la qualité pour du « grand spectacle » et du scandale facile… Cette première partie d’ailleurs est aussi présente dans les journaux télévisé, papiers, internet, etc. avec la forte tendance au sensationalisme dans l’actualité et l’utilisation des faits divers pour se la jouer « série policière IRL », ce qui favorise l’impression d’un climat d’insécurité. Ouais, un des trucs sur lequel Onfray fait son beurre récemment, c’est drôle hein ? :o) (EDIT au moment de l’import (18/11/2016) : Sans oublier son sexisme crasse, notamment avec le fait qu’il ai minimisé une aggression sexuelle d’un de ses chroniqueurs envers une femme dans son emmission. ).

Cependant, cette déclaration suinte l’ignorence du philosophe qui, fier de sa vision du monde et de ses belles formules, refuse de regarder le monde tel qu’il est.

C’est sûr que dans un pays ou « l’assensceur social », personne n’y croit, les jeunes vont vouloir prendre comme modèle quelque chose qui est inatténiable (professeur en université, pour le devenir faut quand même réussir à avoir un doctorat, et pour attendre le doctorat, je vous déconseille d’avoir un petit boulot à côté de vos études. Franchement), et qui en plus les méprise bien souvent. S’il est vrai que les modèles fourni par le capitalisme et les médias sont hautement criticable, j’irais aussi imputer cela à la classe politique. Comment voulez-vous faire une bonne éducation éthique quand ceux censé nous représenter ne font aucune preuve de cette éthique ? C’est le meilleurs moyen de se dire « de toute façon l’éthique ça sert à rien ». Et en plus, comment voulez vous qu’il y ait une identification des jeunes issues de l’immigration aux classes hautes (déjà que l’idée en soi est dégueulasse : « pour être des gens biens, soyez comme nous »), quand celles-ci font preuve de racisme envers eux ?

Et c’est là ou le drame arrive, le pire du pire : « alors qu’il y a 60 ans ou plus, un jeune rêvait d’être médecin, avocat ou professeur d’université, Jean-Paul Sartre ou Maurice Chevalier. ». Pourquoi est-ce le pire ? Parce que c’est juste n’importe quoi. Déjà parce qu’il sort cette affirmation de nul part, et qu’elle n’est basée que sur une volonté de dire « c’était mieux avant, maintenant c’est tout pourri », mais surtout parce que juste non !

Il y a 60 ans, c’est 1955. Déjà, la loi sur la scolarité obligatoire à 16 ans n’arrive qu’en 59, et ne sera pleinement appliquée que plus tard. De plus, les métiers universitaire dont il parle nécessite le fait d’aller justement à l’université, donc d’accéder au baccalauréat… Si l’accès au bac moderne était possible pour ceux qui avaient fait une école primaire supérieur depuis la loi de 1937, la fusion du système éducatif n’a eut lieu qu’en 1975, avec la Loi Haby (qui est parfois remise en cause, accusée d’être la source de la « chute du niveau scolaire »). Avant, pour pas mal de jeune, l’école s’arrêtait bien avant le baccalauréat.

Si le fait que le lycée avait été rendu gratuit dans les années 30 a produit une grosse montée des élèves allant passé le bac (qui avant 68 n’était que les bacs généraux), on peut prendre les années 70 en exemple. Voici quelques statistiques. En 2012, nous avions 76,7% de la population de la génération en age de le passé qui ont eut un bac (dont 37,1% qui ont eut un bac général). En 1970 ? 20,1 qui ont un bac, pour 16,7 qui en ont un général. Les études universitaire n’ont longtemps concerné qu’une toute petite partie de la population. Et là, on est que 45 ans dans le passé.

La plupars des jeunes n’ont jamais revé d’être universitaire. Sans doute plus médecin, dans le sens ou c’est quelque chose de leur quotidien, et pour avocat je sais moins. Mais encore une fois, cela ne concerne qu’une partie de la population, en partie celle aisée. Déjà, une bonne partie ont souvent eut des rêves plus « proche d’eux » que ce que votre élitisme dit, monsieur Onfray : Devenir pompier est notamment l’exemple culturel du rêve d’enfant. Ou astronaute. Bref, des trucs qui semblent à des enfants plus excitant qu’être un universitaire (je ne dis pas que c’est nul d’être universitaire, bien des sociologues sont passionnant, par exemple). Et pour pas mal, réussir à avoir une vie correcte, c’était déjà le but. Il faudrait peut-être arrêter de croire que « les jeunes » est une classe homogène avec les mêmes goûts, les mêmes passions, les mêmes aspirations. Elle ne l’est pas, et ne l’a jamais été.

Et ce n’est pas tout, puisqu’on peut aussi voir qu’il fustige la « démission du père », le fait qu’il n’y aurait « plus de garçon et plus de fille » à l’école… ( voir ici : https://pbs.twimg.com/media/CYLD_l3WYAUZ9hR.jpg ) Bref, autant de moyen uniquement de surfer sur la vague réactionnaire. La perte de pouvoir des pauvres pères face au grand méchant féminisme, et le djendeur. Onfray critique un « vide » de la pop-culture et des évolutions de la société. Mais a-t-il cherché plus loin que ce qu’il voyait par ses œillère ? S’est-il vraiment penché sur la culture des jeunes, sur sa manière de fonctionner, des perles qui s’y trouve ? S’est-il demandé ce qu’était la plupart des jeunes de son époque ? S’est-il demandé si parmi sa génération c’était toujours bien mieux ?

Il dit « plus de garçon et de fille », mais c’est là la vision de ceux qui n’ont pas cherché à regardé plus loin : les garçons et les filles existent et existeront toujours, c’est juste que les choses sont plus complexes. Qu’il existe des intersexués, qu’il existe des genres, d’une grande richesse, d’une grande complexité. Au final, on peut se dire que face à toute cette richesse de possibles, c’est le « tu as un pénis donc tu es nécessairement et seulement un garçon » et le « tu as un vagin donc tu es nécessairement et seulement une fille » qui parrait bien vide… Deux possibilités uniquement, monolithiques, face à une infinité de possible. L’idée n’est pas de dire que les hommes et les femmes cisgenres sont vide, non, mais qu’un monde ou l’on ne voit que ça est assez vide face à tous ce qui est possible en vérité.

Il dit « démission du père », mais les modèles masculins sont loins de disparaitre dans un monde plus égalitaires. Ce seront juste des modèles ayant plus de différences les uns des autres. Rien n’empêche que la mère travaille et le père reste à la maison, je vous assure que cela ne castre pas les petits garçons. Encore une fois, la perte de majorité et d’unicité d’un modèle (qui n’était d’ailleurs pas unique, juste l’unique reconnu comme valide et valable) ne produit pas du vide, mais au contraire de la richesse. La richesse des expériences et des différentes possibilités.

Si on peut dire que les rêves fournient par le capitalisme sont loin d’être enrichissant sur de nombreux points, l’idée que les rêves « d’être sportif », de célébrité, de richesse ou de violance sont nouveau est une grosse erreur. On retrouve ce genre de rêve depuis bien des années, et c’est un phénomène ancien. Pourquoi ? Parce que la richesse attire. C’est le rêve d’avoir une vie facile, d’avoir ce qu’on veut. Et le fait de poser ses modèles face à ceux de la génération actuelle, d’autres ont fait ça avec le rock, le punk, etc.

D’autant plus qu’avant, nous avions les communistes, les anar, les hippy, etc. pour être les causes de la délinquence, de la perte du niveau des jeunes, etc. Bref, les années 50~60 fantasmées d’Onfray ne sont qu’un fantasme, bien loin de la réalité d’une grande partie des français.

D’autant plus que ces rêves, de devenir sportif, présentateur télé, etc. sont des rêves (certes très difficile d’accès), qui permettent de s’intégrer à la société. Un présentateur télé célèbre et apprécié n’a pas vraiment intéret à tout plaquer pour tomber dans le « radicalisme religieux ». La misère est en très grande partie l’une des causes du fait qu’ils sont capable de passer à l’acte. Le taux de chomage très elevé, dans un monde ou l’emploi est l’alpha et l’oméga.

On pourrait se poser aussi d’autres questions, sur le fait notemment quel sont les effets de la glorification de la violence et de la guerre dans notre civilisation et notre culture (le héros étant souvent « héros-guerrier », par exemple. Et ce aussi dans toute la culture des « élites », hein ;-)). Des questions ne servant pas forcément à dire « alala les jeux violents » ou « alala la culture débile des jeunes ». Non, plus se poser des questions sur nos représentations culturelles. Pourquoi est-on près à défendre un policier qui abbat un jeune noir, en inventant une légitime défense parfois délirante ? Ne voit-on d’ailleurs pas aussi des blancs bien « franco-français » appeller au meurtre des minorités, à dire « moi je sors mon fusil » ? Essayer de regarder comment la représentation de la violence agit, mais sans sombrer dans la volonté de tout interdire ou censurer comme le réclament parfois certains organismes ?

Connaître également les principes de déshumanisations de l’autre, des modèles selon lesquels il devient correct de tuer l’autre. Par là, comprendre comment la propagande djihadiste réussir à utiliser ces modèles et ces schèmes pour amener des gens à vouloir commettre des massacres ? Parce que le schème il existe déjà, le besoin de voir celui qui est « inhumain » mourrir. Les appels aux massacres n’existent pas que dans l’état islamistes. Tout les terroristes ne sont pas musulmans, ni jeunes. Loin de là.

Mais ce n’est pas tout. Il ne faut pas oublier le problème important : L’état islamiste, commence toujours par réutiliser des critiques valables contre l’occident. Notre interventionnisme pour des raisons économiques, masquées en raisons éthiques, l’exemple souvent utilisé étant la guerre en Irak, faite sous le prétexte d’armes de destruction massive qui n’ont jamais été trouvée. Mais aussi l’islamophobie, le racisme de notre état. L’interdiction du voile, ou on dit vouloir lutter contre des injonctions sexistes de la famille, pour mettre des injonctions de l’état. La laïcité qui est vidée de son sens au point ou ceux qui veulent inscrire dans la constitution les « racines chrétiennes » déclarent la défendre. Il existe de quoi susciter un sentiment d’injustice chez les citoyens français musulmans, et les partisans de l’EI l’ont bien compris, et n’hésitent pas à s’en servir. Le climat de racisme ambiant aide aussi bien. Lutter efficacement contre ça, plutot que d’imiter de plus en plus le FN serait alors une bonne idée.

Ce n’est qu’avec tout ça qu’on pourra agir sur le terrain, et plus efficacement qu’avec la « prévention » inefficace de l’état.

Ah, et je note pour finir son « depuis la gauche ». Ça date donc du Front Populaire ? Des premiers regroupement républicain ? Parce que non, je rappelle, à l’époque c’était la république qui allait déstabiliser la société et détruire tout les repères (et c’était la gauche et le centre de l’époque, puisque la droite c’était plus les royalistes). Donc je demande. De nombreux éléments fondateurs de notre république ont été fondée par une « gauche » républicaine :p

Au cas où Michel Onfray aurait besoin de quelques cours d’histoires.